JOYEUSES FÊTES!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Et bien tout nos voeux en se début 2011, et puis surtout la santé comme on dit si bien d'une année sur l'autre!!!!!

Nous on imagine que vous avez fait les fêtes autour d'une bonne table, à côté d'une cheminée avec du vin, du pain et même peut-être du Boursin. Que vous avez fini sous la table, à vous rouler sur le carrelage comme des bêtes. Vous avez mangez quoi? De la dinde, des huîtres ou des crustacés...Vous avez chanté, couru partout. Et enfin vous vous êtes levez le matin ou l'après-midi avec un mal de crâne (tant que c'est pas ailleurs...) et une sécheresse buccale... Bref vous avez été frappé par cette fameuse vague de cuite qui ravage la surface de la terre au gré des fuseaux horaires, rien de neuf...

Et bien on peut se demander comment se passe les fêtes à 22 000 km de la maison? La réponse: ben idem!!!! Faut dire qu'il n'y a pas de raison de changer de recette quand le plat est bon!!!

Petite nuance, nous ici c'est la première fois qu'on a fêté la Noël sur une terrasse à transpirer comme des ânes (je suis qu'ils transpirent ces nanimaux là). Résultat, ben le matin ont était debout à 8h (couché à 6h) la faute au soleil qui te fait oublier les grasses mat'.

Bref pour nous la Noël s'est passé avec une farandole de joyeux collègues dans le joli village de Pouébo (côte nord est) avec au programme un Bougna/cochon au four succulent et en dessert des fruits de saison (mangue, pastèque...)








Et évidemment par cette chaleur, on le répète jamais assez, l'hydratation reste le principal soucis des soignants. La notre fut donc exemplaire.



Bien sûr le lendemain les estomacs d'abord fragiles au réveil réclament vite leur repas salé. Alors ni une ni deux, direction le Mac Do du coin. Faut dire que celui là à l'avantage de proposer une vue pas dégueulasse et étrangement les menus sont plus sympas.




le fameux menu frite coca burger d'après fête

Suivi de la fameuse marche digestive du 25 après midi dans la cascade de Colnett située à deux pas de ce petit snack bien sympathique.





Pour ce qui est du nouvel an, là c'était moins festif puisque tout les deux étions de garde dans nos dispensaires respectifs. Et ici cette nuit de la saint Sylvestre est la plus redoutée par les infirmier(e)s. Et conclusion: ben assez calme avec malgré tout quelques sutures, coups, alcoolisation... mais rien de grave. Et heureusement pour nous. Maintenant, ici il fête la nouvelle année jusqu'au 31 janvier avec des fiesta quasiment tous les jours. Autant dire que tout peut arriver pendant ce mois-ci.

Allez! qui vivra, verra! et pour finir, encore une bonne année à tous le monde avec la santé et tout et tout!!!!!!! Et une petite photo de nos vacances au Vanuatu (qu'on va vous raconter, bien sûr, mais là on a trop mal aux doigts) parceque c'est le seul sapin que l'on a trouvé!!!



PRENEZ SOIN DE VOUS ET A BIENTÔT!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Les charmes de la côte nord-est

Ca y est nous avons enfin des week-end de repos en commun dans nos deux dispensaires, alors entre deux apéros on en profite pour visiter le dernier bout de côte que l'on a pas vu. Et c'est un sacré bout puisqu'il compte quand même pas loin de 300km entre Poum tout au nord et Hienghène sur la côte est (rappelez vous, on y a vu une poule...).

Notre excursion débute à Poum, là où Hélène a commencé à travailler en dispensaire. L'occasion d'y retourner tombe d'autant bien qu'un festival de musique, chant et danse traditionnelles et contemporaines s'y déroule se jour là. Nous assistons donc à des représentations d'un groupe de danseur Vanuatais.











Ainsi qu'un groupe polynésien, mais malheureusement la pluie viendra un peu contrarier le déroulement de leur prestation.






Festival vraiment sympa, qui nous aura donné un aperçu supplémentaire des arts mélanésiens et polynésiens. Suite à cette pause culture, Nous avons repris la route vers Houaïlou en longeant la côte nord et nord-est. A l'affût de ses trésors. D'abord l'extrême nord et la tribu de Tiabet qui est la dernière avant l'archipel de Béleps. Le coin est très isolé et préservé. La végétation est surtout constituée de palétuvier et de niaouli. Les chevaux sauvages n'y sont pas rares et le lieu d'un calme absolu.













La route se poursuit tranquillement le long de la côte pour ensuite bifurquer dans les montagnes en direction du village de Ouegoa notamment par le col d'Amos qui surplomb tout le lagon et laisse voir par beau temps la barrière de corail.







Vient ensuite une longue route longeant la côte de sable blanc et sillonnant tranquillement sous les cocotiers. D'où un risque assez conséquent de se prendre une noix de coco sur le pare-brise. Accident relativement fréquent. Casque obligatoire en décapotable!!!!!!!!!

Passé les villages de Ouégoa et de Pouébo, on arrive dans la région des Terasses Calédoniennes. Nom s'expliquant par la forme des montagnes s'élevant à plus de 1000m avec des parois proche du verticale tandis que le sommet semble être plat vu d'en bas. Cette région montagneuse donne directement sur la mer avec la route passant au pied de ces monuments naturels. On se sent assez petit d'un coup!!! Le spectacle est assez bluffant, le lieu comptant des dizaines de cascades visibles de la route. Le tout dans un écrin de verdure de toute beauté... Là il s'agit de la cascade de Colnett, situé au tout début du relief. Ce n'est pas la plus haute mais c'était la plus accesible en ce jour mi-figue mi-raisin au niveau météo.



Mais pour vous donner un aperçu de ce qu'est ces "terrasses", le meilleur exemple reste le cadre du Bac de la Ouaïenne. Il s'agit du dernier bac du genre en calédonie pour faire passer les voitures et personnes d'une rive à l'autre 24 heures sur 24 et le tout gratuitement.







Mais bon entre le moment où j'ai commencé ce post et ce jour où je le mets sur le net on a réussi à retourner vers ces fameuses cascades dont celle de Tao, une des plus connues. Chouette balade dans le lit de la rivière qui se transforme presque en canyoning. En même temps vu la chaleur ambiante on était pas contre un peu de fraîcheur. Pas de photo des pires moments, déjà parceque l'appareil n'est pas waterproff et en plus parceque quand Hélène tombe, elle le fait trop vite et donc je ne peux pas cadrer. Désolé.















Et après tout ces durs efforts, vient enfin le temps de la récompense. Le droit d'aller au pied de la cascade et surtout de son eau toute fraîche. On avait pas de Tahiti douche mais bon le coeur y était.










Voilà pour les petits charmes que l'on aura découvert en deux petites expéditions sur la côte est. Coup de bol pour nous: plein de choses restent à découvrir. Second coup de bol: on habite qu'à 2 heures de toutes ces merveilles!!!!

La Nouvelle-Calédonie expliquée aux nuls.



Ca fait quelques mois que l’on vous parle de cette île et on pense qu’il est peut-être temps de vous en dire quelques mots pour expliquer un peu l’ambiance ici. La Nouvelle-Calédonie, aussi appelée le « caillou » quand on est in, est constituée de la Grande Terre et des îles Loyauté. La Grande Terre, c’est le gros morceau, là où on crèche. C’est une île de 500km de long pour environ 100km de large. Elle est entourée d’un atoll (les opticiens!!!) et d’un chapelet d’îlots allant du tout petit mais terriblement mignon au plus gros la bien nommée île des pins. Le relief y est jeune et donc accidenté, les montagnes sont répartis sur tout le territoire. Les deux sommets culminent respectivement à 1628m pour le mont Panié au nord et 1618m pour le mont Humboldt au sud. Du nord au Sud le climat varie assez pour offrir différentes végétations. Le sud est marqué par la terre rouge gorgée de nickel (la richesse de l’île) et couverte d’arbustes. Le centre est recouvert de forêt sèche au niveau de la mer sur la face ouest, de forêt humide sur les reliefs et la côte est (beaucoup plus humide). Le nord est quant à lui très sec car victime depuis quelques années d’un manque d’eau chronique. La Nouvelle-Calédonie vit pour beaucoup du Nickel avec des mines à ciel ouvert qui par endroit balafrent le sommet des montagnes quand il s’agit de petites mines anciennes et toujours en activité. A d’autres il s’agit de gigantesques complexes industriels avec des exploitations sur plusieurs kilomètres carré (2 mines de ce type actuellement).


L'usine de Goro où j'ai bossé 3 mois

La population est d’environ 250 000 dont 150 000 à Nouméa, faisant de cette ville le centre névralgique de l’île. Ville tentaculaire, elle s’étant entre les collines le long d’une baie certainement belle par le passé mais aujourd’hui trop construite pour garder ce charme. Actuellement en rénovation, le front de mer n’offre pas l’image de carte postale qu’on pourrait attendre d’une ville de Mélanésie, mais ressemble plutôt à une ville de côte d’azur dans son lieu le plus branchée (cocotiers soigneusement rangés, séparant la plage de la route côtière où s’alignent les bars branchés où il fait bon se montrer gominé et avec un gros 4*4). Sinon, il s’agit également d’une ville industrielle et il ne faut alors pas s’étonner de trouver des usines à nickel en activité à environ 300m du centre.



En premier, l'hopital de Nouméa puis la belle usine qui se trouve à 300m. Idéal pour le service de pneumologie!!!

Bref, Nouméa n’est pas le diamant du caillou… Non la vraie beauté de l’île se trouve à l’extérieur de la ville, à la brousse comme on nomme ici l’arrière pays. Celle-ci comporte deux provinces (nord et sud), divisé en plusieurs communes, elle-même comprenant plusieurs tribus pouvant ne pas appartenir au même clan… Vous n’avez pas tout compris? C’est normal, nous ne faisons que vous transmettre ce qu’on nous dis, le système tribal reste encore un peu opaque pour nous aussi.




En résumé la population du caillou est le résultat d’un melting pot causé par une histoire assez mouvementée… On retrouve plusieurs communautés dont les Mélanésiens (45% environ). Il s’agit là du peuple originel maintenant appelé Kanak (signifie «homme », provient des marins explorateurs du XIXème pour désigner tout les peuples mélanésiens puis repris dans les années 70 par les indépendantistes calédoniens). Il y a aussi les européens (35%), composé des caldoches qui sont les descendants des colons français et donc né sur l’île et des z’oreilles qui sont les expats venu de France pour s’installé ou encore en tourisme. Il y a ensuite une grande communauté de Polynésiens et de Wallisiens (11%) venue chercher du travail. Et pour finir une communauté d’indonésiens et d’asiatiques venus pour les même raisons. Vous l’aurez compris, nous faisons partit des z’oreilles. Terme pas spécialement flatteur selon son emplois. A l’origine, il a été donné aux personnes qui utilisaient le « HEIN!» dès que quelqu’un parlait avec l’accent local. Une autre explication moins poétique veut que c’est le nom donné aux maîtres des esclaves qui coupaient une oreilles aux évadés repris… Sans commentaires.

Les relations entre ces populations d’origines cosmopolites (oh! Le joli mot que voilà!) donnent beaucoup de richesse à l’identité de l’île mais bien sûr génèrent moult conflits. Le plus visible est bien sûr le désir d’indépendance de la communauté Kanak et de créer ainsi La Kanaky. Un parti politique existe d’ailleurs, le FLNKS (Front de Libération National de la Kanaky Socialiste), et possède un drapeau:

Vert pour la nature luxuriante, rouge pour le sang du peuple fier et ardent, bleu pour la mer et le ciel, le jaune au centre pour le soleil et la flèche faîtière qui représente l’histoire et l’âme de l’île.
Simplement les choses ne sont pas simples, du fait notamment de la présence des Caldoches qui ne souhaitent pas dans leur ensemble cette indépendance voir le jour. Il faut préciser que le passé récent n’est pas fait pour rassembler ces deux communautés. Sans parler d’Apartheid, le système colonial français pratiquait largement la ségrégation. Il s’agit d’ailleurs que de sémantique car le résultat était similaire avec le non accès aux bus, des droits tronqués, des terres volées…Le ressentit se fait toujours sentir, et on sent (je sais, j’utilise beaucoup le verbe sentir, mais je le sens bien comme ça…)nettement un clivage blanc/noir avec une peur de l’autre assez forte. Cela se traduit même géographiquement au niveau des provinces. Ainsi le sud est à majorité caldoche (« cloîtré » dans la région de Nouméa), tandis que le nord est à nette majorité Mélanésienne. On retrouve un autre clivage entre l’est et l’ouest avec les plaines destinées à l’élevage situées à l’ouest. Les propriétaires terriens y sont à très grande majorité des caldoches, les stockmens, sorte de cowboy sauce local. La côte est, plus accidentée, compte peu de terrain plat. L’élevage y est peu développé, on y trouve plutôt des communes à grande majorité mélanésienne. Résultat des terres arables prises aux tribus par les colons au siècle dernier.


Tout ceci sent donc la cocotte sur le point de sauter, surtout dans le contexte actuel ou les accords de Matignon visant à l’indépendance concerté entre Paris et le caillou arrive à échéance. Cela se traduira en 2014 par un referendum pour ou contre. Seulement pour le moment le résultat n’est pas assuré ni dans un sens ou dans l’autre. Le risque à terme est une scission entre le nord kanak et le sud caldoche. Actuellement cette frontière est déjà visible puisqu’il y a 2 ou 3 mois le premier ministre Fillon est venu levé au nom de la France le drapeau bleu blanc rouge ET le drapeau Kanak faisant de ce drapeau un candidat au drapeau définitif du futur pays. Mais ceci n’est pas du goût des caldoches qui ne s’y retrouve pas du tout. Chaque signes identitaires entrainent d’ailleurs les mêmes débats avec la monnaie ou l’hymne.


Les vacances de François.

Bref un beau bordel en perspective surtout que le passé récent n’est pas fait pour rassurer. En effet au milieu des années 80 eut lieu les « Evènements ». Cela fut une tentative d’indépendance lancé par le FLNKS dont le point culminant se produisit durant le second tour des présidentielles qui opposait Chirac à Mitterrand. Sans vous raconter toute cette période que nous connaissons d’ailleurs que par les on -dit, nous pouvons la résumer ainsi. Kanak et Caldoches incapables de se parler et vivant dans la peur les uns des autres on donc commencé à s’équiper en arme pour se défendre durant cette période ou les revendications du FLNKS se faisaient plus pressantes. Evidemment comme tout groupe d’être humain armé, le conflit a dérapé et les coups de feu ont claqués. Bien sûr c’est l’autre qui a commencé. La France a donc envoyé des gendarmes mobils pour séparer les deux belligérants. Mais cela a été perçu comme de la répression par les Kanaks. Et en même temps on ne va pas leur en vouloir. Du coup pour mettre la pression sur la France, une tribu a choisi ce deuxième tour des présidentielles de 1988 pour kidnapper des gendarmes de Ouvéa (une des îles loyauté) et ainsi forcer Paris au dialogue. Malheureusement la seule réponse fut la torture des tribus par l’armée française et la prise d’assaut de la grotte où était retenu les otages se soldant par beaucoup de mort chez les Kanak. A ce sujet on ne peut que vous conseiller l’émission Infrarouge sur ce sujet en attendant le film de Kassovitz actuellement en tournage.

Voilà pour le volet géographique et l’ambiance politique du moment. Si vous lisez cette phrase, merci d'avoir fait l'effort de lire ce petit pavé et courage il reste peu de mot encore. Maintenant nous sommes arrivés que depuis 6 mois et cela n’est qu’une première approche reflet de nos impressions. La situation est bien sûr plus complexe que ce qu’on a décrit ci-dessus. Et dans le même temps les gens n’ont pas que ce sujet là à la bouche. La prochaine fois on vous fera un petit cours d’histoire ou alors un texte sur les maladies d’ici… on hésite… En même temps si vous avez des questions faut pas se gêner, on y répondra dans la limite de notre savoir et de notre envie . Et comme on dit:

« il n’y a pas de questions bêtes, il y a que des gens idiots »